Valeurs refuges en temps d’incertitude, les camions usagés se vendent comme de petits pains chauds
Les ventes de camions de classe 8 usagés au détail par des concessionnaires ont bondi de 17% en mars par rapport à février, selon les plus récentes données de la firme spécialisée ACT Research.
Cette poussée est plus forte que les attentes saisonnières, qui étaient de 12%, et poursuit la lancée haussière des derniers mois.

Les autres canaux de ventes de camions d’occasion ont aussi connu de forts volumes d’affaires en mars. Les volumes de ventes aux enchères ont bondi de 44%, tandis que les ventes en gros ont grimpé de 23% sur une base mensuelle.
« Les acheteurs de camions usagés ont gardé la pédale au plancher en mars », résume Steve Tam, vice-président d’ACT Research, soulignant que les prix de ces poids lourds d’occasion demeurent avantageux, en hausse de 8% par rapport à février mais en baisse de 1% comparativement à mars de l’an dernier pour un kilométrage équivalent à l’odomètre.
Valeur refuge en temps d’incertitude
En temps de crise, les marchés se tournent vers des valeurs refuges.
Pour les investisseurs des marchés financiers, c’est l’or, jugé plus fiable que des titres boursiers volatils. En camionnage dans le contexte actuel, ce sont plutôt les camions d’occasion qui font office de valeur refuge.
On sait combien ils coûtent, on sait qu’ils respectent les normes d’émissions en vigueur.
C’est tout le contraire du marché des camions neufs, dont les commandes sont en chute libre parce qu’on ne sait pas quels impacts auront les tarifs douaniers sur leur prix, ces tarifs étant sujets à modifications presque quotidiennes par l’administration Trump.
Même chose au sujet des normes d’émissions 2027. Le marché s’attendait à une forte hausse des prix (plusieurs dizaines de milliers de dollars) des camions devant répondre aux strictes exigences de l’EPA américaine… mais la même administration Trump laisse entendre que ces normes sur les oxydes d’azote (NOx) pourraient être revues à la baisse.
Les fabricants de camions eux-mêmes en perdent leur latin.
Dans une entrevue à paraître ici-même demain, le directeur général de Peterbilt, Jake Montero, admet que ce jeu de yo-yo crée de la confusion.
«Il y a beaucoup d’incertitudes en ce qui a trait à la réglementation, mais nous sommes prêts à y faire face. Nous devons voir comment la seconde moitié [de 2025] se déroulera», a-t-il confié au collègue James Menzies.
Résultat : de nombreuses entreprises de camionnage préfèrent se tourner vers des camions d’occasion, qui ont déjà démontré ce qu’ils valent sur le terrain et dont les solutions de contrôle des émissions, si imparfaites soient-elles, ont le mérite d’être connues.
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