Volvo applique une surtaxe tarifaire de 3 500$ US, insuffisante pour couvrir ses coûts
L’achat d’un nouveau camion Volvo sera désormais assorti d’une surtaxe douanière de 3 500 $US, un montant qui ne suffit pas à couvrir l’ensemble des coûts assumés par le constructeur.
Peter Voorhoeve, président de Volvo Trucks North America, a révélé ce chiffre à notre publication sœur trucknews.com lors d’un entretien individuel tenu cette semaine, en marge d’une conférence de presse présentant le nouveau VNL.

«Cela ne couvre pas vraiment tous les coûts des tarifs douaniers, mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment. Cela exerce également une pression sur les marges, comme vous pouvez le constater dans l’ensemble du secteur», a-t-il expliqué au sujet des taxes frappant l’acier, l’aluminium et divers composants importés.
Volvo, plus exposé que ses concurrents
Ironiquement, Volvo est touché de manière disproportionnée par ces tarifs, bien qu’il construise actuellement tous ses camions aux États-Unis.
«Nous sommes un fabricant 100 % américain. Pour tous les camions que nous produisons, nous payons des tarifs sur chaque composant importé qui y est assujetti. Les composants ACEUM ne sont pas soumis à des droits de douane, mais, par exemple, les blocs-moteurs et les culasses n’en font pas partie. Nous les achetons au Mexique, car aucune forge américaine ne les fabrique. Résultat : nous payons la totalité des tarifs sur ces pièces pour 100 % de nos camions», a détaillé M. Voorhoeve.
Selon lui, si Volvo assemblait ses camions au Mexique, ces mêmes composants deviendraient conformes à l’ACEUM une fois intégrés au véhicule, et aucune surtaxe ne serait appliquée à l’exportation vers les États-Unis. Une « conséquence involontaire » des politiques tarifaires américaines, estime-t-il.
Pour limiter les coûts, Volvo tente de s’approvisionner autant que possible en pièces conformes à l’ACEUM, mais l’exercice reste complexe.
Une nouvelle usine au Mexique en soutien
Malgré ces défis, les plans de construction d’une usine à Monterrey, au Mexique, avancent. «Le bâtiment est pratiquement terminé, l’extérieur est complété», a indiqué M. Voorhoeve.
L’usine viendra compléter la production américaine afin d’éliminer les contraintes de capacité qui ont souvent limité la croissance de Volvo en Amérique du Nord. Après avoir investi 2 milliards $US dans sa nouvelle plateforme VNL, le constructeur mise sur ce modèle pour gagner des parts de marché.
« Chaque fois que le marché redémarre, nous manquons de capacité. Avec cette usine, nous pourrons répondre à la demande future, tout en restant un constructeur principalement américain », a souligné le dirigeant.
Le nouveau VNL : plus économe et plus rentable
Depuis janvier, environ 16 000 unités du nouveau VNL ont été produites. Les premiers retours sont encourageants, selon M. Voorhoeve.
«Nous avions annoncé qu’une flotte économiserait au moins 20 000 $US sur la durée de vie d’un camion. Aujourd’hui, nous constatons que nous avions sous-estimé ce chiffre. La valeur ajoutée est supérieure et le rendement énergétique est au moins 10% meilleur, voire davantage», a-t-il affirmé.
Des flottes encore hésitantes
Malgré ces avancées, les commandes de camions demeurent faibles, sur fond de récession prolongée du fret, de pressions économiques et d’incertitudes liées aux tarifs douaniers et aux futures réglementations environnementales.
«Nous sommes pratiquement dans la troisième année d’une récession du fret. Les revenus des transporteurs sont sous pression, et les incertitudes liées aux tarifs et aux émissions poussent les entreprises à retarder leurs achats», a observé M. Voorhoeve.
Il met toutefois en garde contre l’attentisme : «Je ne pense pas que le coût des camions sera un jour inférieur à ce qu’il est actuellement. Les tarifs douaniers et les normes d’émissions rendront la technologie plus coûteuse. Si vous ajoutez le vieillissement des flottes et la hausse des coûts d’entretien, je crois que ceux qui sont stratégiques devraient commencer à acheter dès maintenant.»
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